Paul
se souvient et nous conte trois journées de son enfance; l'été
de ses 10 ans dans une petite ville de Virginie en 1934. Fils unique
d'une famille bourgeoise,il se réfugie pour jouer aux billes
chez son meilleur ami, Petit Mole Dabney. Paul est fasciné
par les Dabney, une famille nombreuse de trois débraillés
(Petit, Moyen et Grand Mole) et admire en secret Edmonchenapansia,
la plus jeune de ses quatre surs. Tout ce joyeux petit monde
vit dans le bric-à-brac d'une maison délabrée.
Planteurs jadis prospères, les Dabney ont été
ruinés par la Dépression. Vernon, le père, ne
décolère pas contre Roosevelt et arrondit les fins de
mois difficiles grâce à une distillerie clandestine.
Trixie, la mère, se dépense sans compter pour joindre
les deux bouts et nourrir sa nichée en espérant des
jours meilleurs. Dévastée pendant la guerre de Sécession,
la plantation n'est plus que ruines. Un soir, un ancien esclave des
Dabney, vieillard presque centenaire, frappe à leur porte.
Shadrach est venu à pied de l'Alabama, six mois de voyage dans
la chaleur moite du Sud pour venir mourir chez lui et demander aux
Dabney de l'enterrer dans le cimetière familial de la plantation.
Consternation chez les Dabney. Mais comment refuser au vieil homme
cette ultime requête au soir de sa vie? Mais le shérif
s'en mêle et les prévient que Shadrach ne peut pas être
enterré dans le cimetière de la plantation. la loi l'interdit.
C'est dans le cimetière réservé aux Noirs que,
le moment venu, Shadrach devra reposer. Vernon n'a ni l'argent pour
l'enterrement ni le cur d'obéir à la loi. Dilemme.