Souvent appelé "la terre de lune", le Ladakh est l'une des régions les plus reculées de l'Inde. C'est un désert gelé. Ses habitants y vivent à une altitude qui peut culminer jusqu'à cinq mille mètres, ce qui associe l'une des civilisations les plus évoluées à une altitude parmi les plus élevées. Sa situation stratégique lui a en outre valu de se trouver virtuellement fermée aux étrangers jusqu'en 1975. Les sommets himalayens enneigés ont encore contribué à cet isolement. Aujourd'hui, le Ladakh est encore très difficile d'accès. Les conditions de tournage n'y sont convenables que quatre mois par an et en hiver les voyages s'avèrent impossibles lorsque les températures chutent jusqu'à moins trente degrés. Également connu comme "le dernier paradis perdu", le Ladakh est majoritairement de confession bouddhiste Mahayana. C'est une terre de paysans, de moines, de nomades, de bergers et d'ermites errants, qui possède sa
propre identité culturelle, son propre mode de vie et une façon unique
de gérer la notion du temps.
Samsara est le premier long-métrage de fiction à avoir été tourné
intégralement au Ladakh, ce qui en fait l'un des rares films au monde à
avoir été réalisé à une altitude moyenne de cinq mille mètres. Deux
longues années ont été nécessaires pour obtenir le droit de tourner dans
cette région. De nombreux films, et notamment des productions
hollywoodiennes à gros budget se sont vus refuser de telles
autorisations par le gouvernement indien, cette région étant située à la
frontière particulièrement sensible avec la Chine et le Pakistan,
constamment en situation d'alerte maximum.

ASPECTS VISUELS

La charte qui a permis de déterminer l'aspect, les couleurs et la
matière des costumes du film, a été influencée directement par les
éléments naturels caractéristiques du Ladakh, de même que sa lumière
magique. Le reste de l'inspiration a été dicté par le changement et le
passage des saisons.
Les montagnes constituent l'élément principal de la première partie du
film. Les vêtements des moines ont été dessinés pour être soit en
contraste, soit en harmonie avec leur environnement immédiat. Le
principe constituait à utiliser une palette de couleurs liée à la terre,
qui devaient accentuer l'aspect organique du film.
Le subtil changement de couleurs des costumes reflète également la
progression émotionnelle par laquelle passe le personnage à ce moment
précis du film. Afin de coller au style visuel voulu par Nalin, les
costumes ont dû être vieillis et nous leur avons prêté un semblant
d'histoire, un peu comme s'ils constituaient une seconde peau pour les
acteurs.