Geoffrey Rush a découvert Peter Sellers au milieu des années 70, en voyant Le Retour de la Panthère rose alors qu’il était étudiant dans une école de théâtre, de mime et de gestuelle française. Il travaillait l’improvisation, les masques et étudiait les clowns. Il souligne : « Sellers était vraiment le plus grand clown de la fin du XXe siècle. »

Incarner Peter Sellers a exigé de Geoffrey Rush des efforts exceptionnels. La transformation physique complète nécessitait plusieurs heures de maquillage et de pose de prothèses. Le travail sur la voix et le dialogue a été non moins exigeant pour redonner vie non seulement à la voix de Peter Sellers lui-même, mais à celle de ses innombrables créations à la radio et à l’écran. En tout, Rush a créé pas moins de quarante voix différentes tout au long du film. Pour se préparer à cette énorme tâche, il a passé plusieurs mois à travailler avec le coach voix Barbara Berkery, avec qui il avait collaboré sur Shakespeare in Love et Pirates de Caraïbes. Se concentrant sur les caractéristiques vocales, Barbara Berkery a divisé les voix en différents groupes :

La voix de Sellers : influencée par d’innombrables jours et nuits passés dans de vastes salles de concert ou des théâtres à ciel ouvert, à écouter ses parents et d’autres comédiens qui se basaient sur la résonance nasale et une diction impeccable pour faire porter le son ;

La voix « Goons » : Rush a passé des heures à écouter des enregistrements du « Goon Show », isolant grâce à des notations phonétiques les sons bizarres émis par les personnages de Sellers ;

Les voix des personnages de cinéma : la plupart des personnages les plus célèbres de Sellers, si ce n’est tous, étaient créés en utilisant notamment une gamme étourdissante d’accents, de dialectes et de « mélodies vocales » ;

Les personnages de la vie de Sellers : dans les séquences clés du film, le personnage de Rush emprunte souvent les personnalités d’autres personnages, eux-mêmes basés sur les gens qui ont croisé la vie et la carrière de Sellers. Pour un acteur, utiliser une gamme si étendue d’accents et de voix est remarquable.
La métamorphose physique subie par Rush pour entrer dans la peau de Sellers a été orchestrée par les créateurs des perruques et coiffures, du maquillage et des costumes. L’intention de départ n’était pas de « cloner » cosmétiquement l’acteur pour le faire ressembler physiquement à Peter Sellers, mais de permettre à Rush d’évoquer l’esprit, l’essence de Sellers, sans en être une copie conforme. La tâche était considérable : il fallait montrer non seulement Sellers incarnant ses différents personnages à l’écran, mais aussi sa vie privée depuis le début des années 50, quand il était un comédien radio un peu trop enveloppé, à la célébrité des années 60 et 70 quand la gloire l’a rendu plus soucieux de son apparence, et jusqu’en 1980, lorsqu’il est décédé à l’âge de 54 ans, amaigri et vivant presque en reclus.

Trente-huit perruques ont été créées et rassemblées par Veronica Brebner pour représenter les différents aspects de la vie de Sellers. Rush a porté des lentilles de contact marron et de fausses dents. Un moulage en plâtre de la tête de l’acteur a été réalisé, à partir duquel des experts des prothèses et des maquillages, sous la direction de Wesley Wofford de Captive Audience Productions et de Davey Jones, ont fabriqué des nez, des mentons, des lèvres et des joues à base de silicone. Rush passait en moyenne cinq heures par jour de maquillage et de coiffure pour se transformer en Peter Sellers, avec d’autres séances dans la journée si le planning de tournage exigeait qu’il change de personnage.
Le style vestimentaire de Sellers a été confié à la créatrice de costumes Jill Taylor, qui a dû représenter les tendances toujours mouvantes de la mode couvrant les 30 années sur lesquelles se déroule le film. Elle a également recréé les costumes des films joués par Sellers et les tenues des différentes femmes du film. A part quelques articles et tenues trouvés dans des magasins de location de costumes, la majorité des costumes des acteurs a été réalisée spécialement pour le film. Notamment la robe de mariée que porte Charlize Theron, qui est la réplique exacte de celle de Britt Ekland pour son mariage avec Sellers.

Peter Sellers a dit : « Me voir à l’écran est l’une des expériences les plus ennuyeuses que l’on puisse faire. » Moi, Peter Sellers est la preuve du contraire…