|









|

UN NOUVEAU MONDE
" Pour moi, Hijack Stories est un film de gangster post-apartheid.
Mais c'est aussi l'histoire d'une jeune génération de Sud-Africains
noirs qui essaient de s'inventer un futur et de s'éloigner des
turbulences du passé. J'ai voulu faire un commentaire satirique
sur une société qui tente désespérément
de présenter une image lisse, pacifiste, racialement intégrée.
Mais plus on essaie de mettre en avant ce fantasme, plus les contradictions
surgissent, car la colère du passé n'a pas disparu avec
l'Apartheid. En ce sens, je pense que Hijack Stories raconte une histoire
universelle, comme une parabole des dilemmes qu'ont pu rencontrer les
peuples du monde qui ont cru que les années 90 allaient leur apporter
une nouvelle ère de liberté. "
LES FRONTIERES DE LA NOUVELLE SOCIETE SUD AFRICAINE
" L'acteur sud-africain tel qu'on le découvre avec le personnage
de Sox est le prototype du nouveau noir middle class branché à
fond sur le profit et la reconnaissance sociale, tout aussi effrayé
par la majorité noire pauvre et au chômage que le sont ses
équivalents blancs. Sox vit dans un monde factice et dérisoire
basé sur l'apparence. Mais malgré le vernis de ce monde
présumé idéal, la peur latente de " ceux qui
sont dans les townships " est omniprésente. "
LES GANGSTERS DU GHETTO
" Les bandits traînent dans la rue ou dans leurs voitures.
Ils vivent de façon cynique dans la croyance que les réformes
du gouvernement n'ont pas de sens, ce qui de fait justifie leurs actions
criminelles. Leur mode de vie très dangereux -la mort ou la prison
ne sont jamais loin- les fait vivre intensément dans l'ici et maintenant.
Leur monde est anarchique et pourtant drôle, bien que baignant dans
une violence extravagante qui leur
paraît banale. "
LE CASTING DE " HIJACK STORIES "
" J'ai demandé le plus de naturel possible à tous les
acteurs du film, quels que soient leurs rôles. Cela se reflète
aussi dans le langage, qu'il s'agisse de l'argot des rues mélangeant
les langues africaines et l'anglais comme de la tchatche " à
l'Américaine " qu'on entend dans les bars de yuppies et les
boites de nuit. Pour cela, j'ai surtout travaillé avec des acteurs
jeunes qui ont une solide base théâtrale. Un vrai challenge
pour tous les personnages du film, encore plus rigoureux pour Tony Kgoroge
(Sox) et Rapulana Seiphemo (Zama), qui ont passé du temps avec
des vrais voyous et se sont complètement immergés dans leurs
personnages. "
|
|